Escapades: Le Château d’Anjony (Cantal – France)

Nous avons toujours aimé les Châteaux, ces monuments imposants reflétant les siècles passés ont un côté à la fois majestueux et intimidant. Dans le Cantal, au cœur de la vallée de la Doire, nous sommes tombés sous le charme du Château d’Anjony.

Architecture:

Petite forteresse de montagne, c’est un donjon de basalte du XV° siècle, haut de 35 mètres,  couvert de lauzes grises, et entouré de quatre tours d’une quarantaine de mètres. A la fois une présence et une force dans le paysage vert des Monts du Cantal, il domine la vallée depuis l’escarpement rocheux sur lequel il a été construit. Au XVIII° siècle, un corps de logis, plus accueillant, fut accolé à l’ancien donjon et les dépendances  restructurées. De nos jours, des travaux ont été effectués par les propriétaires, en coordination avec les architectes des Monuments Historiques, à l’extérieur, comme à l’intérieur. Ces travaux, pour certains indispensables à la pérennité des pierres, et les autres nécessaires à la vie moderne, ont permis à la famille de continuer à vivre au sein de la demeure et d’assurer son maintien.

Histoire:

Le château doit son nom à la famille qui l’a construit et habité depuis sa construction jusqu’à nos jours. C’est en effet, Louis d’Anjony, qui  combattit les anglais à côté de Jeanne d’Arc, qui fit construire ce donjon, vers 1430,  avec l’accord du Roi Charles VII, pour sécuriser et protéger les alentours. Comme le donjon avait été édifié à une encablure du château de la famille de Tournemire, féodaux présents sur le site depuis longtemps et avec lesquels les Anjony étaient alliés, les Tournemire  virent d’un mauvais œil l’ascension des Anjony.  S’ensuivit une véritable « vendetta » sanglante  entre les deux familles qui ne prit fin qu’au XVIII° siècle avec la disparition du site des Tournemire et l’abandon de leur  vieux château féodal tombé en ruines. Au milieu du XVIII°, Claude d’Anjony, militaire au service de la monarchie, ne s’était pas marié et mourut sans descendance. C’est son cousin germain, Robert de Léotoing  qui reprit alors le château,  avec les titres et armes, ainsi que le nom qui  y étaient attachés, comme cela se faisait à l’époque, et c’est de lui  que descend l’actuel propriétaire. Période troublée que celle de la Révolution.  Claude-Louis de Léotoing d’Anjony et son fils émigrèrent  pour rejoindre « l’Armée des Princes ».  Catherine de Fargues, son épouse,  et sa fille, restées sur place,  furent arrêtées et envoyées à la Conciergerie à Paris,  où  la fin de la Terreur les préserva de la guillotine.  Le Château et ses meubles furent vendus aux enchères. …. Le tout début du XIX° siècle voit le retour de la famille d’Anjony sur le site. Catherine de Fargues réussit à racheter le château à son acquéreur et à récupérer quelques meubles. La vie reprend … difficilement.

Visite:

Dès avant la guerre de 1939, Henri, Marquis de Léotoing d’Anjony et son épouse, décident d’ouvrir leur château au public. Ils souhaitent faire revivre les lieux en organisant des visites et des manifestations  diverses.  Leur fils aîné Robert et son épouse, actuels Marquis et Marquise, très  impliqués dans la conservation du patrimoine et des monuments historiques, perpétuent la tradition en ouvrant largement les portes du Château aux visiteurs et aux manifestations diverses.

La visite comporte les extérieurs, mais aussi les 5 étages du donjon. On y pénètre par le cellier où l’on stockait autrefois les vivres et où se trouve actuellement l’accueil des visiteurs. En empruntant l’unique escalier à vis qui se situe dans l’une des tours, on accède à la « Salle basse ». C’est ici que vivaient « les gens » c’est-à-dire le personnel chargé de l’entretien et de la vie du Château. Aujourd’hui richement meublée, cette pièce est ornée de deux magnifiques tapisseries. C’est à ce niveau, dans l’une des tours,  que se situe la Chapelle.  Véritable trésor, elle est entièrement peinte de fresques du XVI° siècle racontant la vie publique du Christ.  La famille continue de s’y réunir et d’y faire célébrer des messes.

Au deuxième étage, la « Salle des Preux » est un chef-d’œuvre. Réalisée vers 1550, au moment du mariage de Michel d’Anjony et de Germaine de Foix qui trônent en pied de chaque côté de la cheminée, elle représente la légende médiévale bien connue des « Neuf Preux ». Trois héros païens, Hector, Alexandre et César, trois juifs,  Josué, David et Judas Macchabée, et  trois chrétiens,  Artus de Bretagne, Charlemagne et Godefroy de Bouillon, sont montés sur leurs chevaux et caracolent sur les murs.

Encore un étage pour trouver une salle à double ogive dont les murs sont ornés de portraits des membres de la famille au XVIII° siècle  ainsi que de magnifiques tapisseries de Flandres et d’Aubusson. C’est dans cette pièce que l’on se réunissait pour les actes de la vie juridique et que l’on conservait les archives. A noter dans les tours la présence d’une belle bibliothèque et d’une chambre meublée dans le style du XVIII° siècle. La visite se termine par l’étage militaire. Après avoir fait le tour des chemins de ronde, il faut monter tout en haut de la tour escalier pour admirer le paysage et la vue sur les toits du donjon.

Le bâtiment du XVIII° et les dépendances constituent l’habitation des propriétaires. Ils sont ouverts aux visiteurs  pour des occasions exceptionnelles. Ne manquez pas de parcourir les extérieurs, où vous aurez de superbes points de vue sur le château, la vallée et le village.

Ouvert de février à novembre, venez  visiter à votre tour, ce magnifique édifice et de découvrir son histoire.


Château d’Anjony

15310 Tournemire

04.71.47.61.67

Site web

 

 


Cet article a été réalisé dans le cadre d’un partenariat avec l’Office de Tourisme du Pays de Salers et le Château d’Anjony, bien entendu, nous restons entièrement libres de nos propos. Un grand merci à Christophe de l’Office de Tourisme de Salers et Mr Le Marquis & Clémence au Château d’Anjony. 



2 Comments

  • Mes Petits Carnets 10 décembre 2018 at 20 h 03 min

    Je confirme que c’est bel et bien le château que j’ai visité petite avec mes parents lors de nos nombreuses vacances dans le Cantal !
    Il est tout aussi beau que dans mes souvenirs !

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    • tracesdevoyages 14 décembre 2018 at 13 h 09 min

      Super 🙂

      Reply

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