INTERVIEW: Kelly, expatriée à Whitehorse (Yukon, Canada)

Ce mois-ci, c’est au tour de Kelly, blogueuse voyage sur Lily’s Road, de nous parler de son expatriation dans le territoire du Yukon au Canada. Forêts de conifères, lacs émeraudes et aurores boréales sont au rendez-vous…

D’où viens-tu ?

Malgré mes études en Bretagne, j’ai passé la plus grande partie de ma vie à Évry, en banlieue parisienne.

Depuis quand vis-tu à Whitehorse ?

J’ai atterri en septembre 2016, cela fait donc un peu plus de deux ans.

Pour quelle(s) raison(s) as-tu décidé de rester ?

En voilà une question à laquelle il est difficile de répondre en quelques mots… Ça m’en a pris plus de 1.000 pour en tirer les grandes lignes. Pour faire court, disons que je ne me sentais plus à ma place en France et que j’ai testé une autre manière de vivre. Whitehorse a été mon premier arrêt dans cette quête et une révélation : ici, je peux être celle que je souhaite vraiment être et cela me comble. J’adore cette immersion dans la nature omniprésente où randonner est accessible en bas de chez moi, littéralement !

Qu’est-ce qui te manque le plus de la France ?

Le quotidien avec mes proches bien sûr… mais aussi du bon fromage à un prix abordable avec du pain croustillant (oui oui, gros cliché!).

Ton plus beau souvenir ici :

Difficile de n’en choisir qu’un… Je dirais pourtant la première fois que j’ai vu des aurores boréales. J’étais en volontariat à Whitehorse, quand une semaine après mon arrivée, alors que je dormais, j’entends mon hôte toquer à ma porte pour me dire que les aurores étaient de sortie. Ni une ni deux, je quitte la chaleur de mon lit, m’habille et, mon appareil photo à la main, sort dans la nuit. Et là je les vois : des voiles verts avec des nuances rosées dansent dans le ciel. C’était magique !

Le pire :

Deux mois après mon arrivée à Whitehorse, nous avions décidé, avec deux amies, de voyager un peu au Nord et de nous rendre à Dawson, la deuxième ville du Yukon. Là-haut, on retrouve la Dempster Highway, la route qui monte encore plus au Nord, jusqu’à la mer de Beaufort (Océan Arctique), en traversant le parc territorial de Tombstone. Nous l’empruntons pour aller faire un peu de randonnées en raquettes. Ce jour-là, il fait -38°C et nous savons que notre expédition peut s’avérer dangereuse… surtout si nous laissons la voiture, moteur éteint, plusieurs heures dans ce froid. Après la première randonnée de deux heures, l’auto redémarre au quart de tour ; nous sommes soulagées. Après la seconde par contre, la voiture ne veut rien entendre… Bien évidemment, il n’y a pas de réseau pour passer un coup de fil, si bien que nous nous préparons à marcher sur le bord de la route pour arrêter le moindre véhicule qui passe, ce qui n’est pas chose courante à cette période de l’année. Par chance, une voiture s’arrête 10 minutes plus tard et ses occupants nous sauvent la mise. Nous avons évité le pire et surtout pris réellement conscience des risques de notre nouvel environnement.

Pour les futurs voyageurs au Yukon, peux-tu nous citer :

-Un lac paradisiaque :

Emerald Lake, qui comme son nom l’indique, est connu pour la couleur émeraude de ses eaux, mais aussi pour ses reflets hallucinants liés à la réflexion de la lumière sur les dépôts blancs d’argile et de carbonate de calcium de ses profondeurs.

-Un site naturel exceptionnel :

Le parc national de Kluane. Avec ses près de 22.000 km2, c’est un vrai paradis pour les activités de plein air.

-Un musée qui regorge de trésors : 

Ce n’est pas vraiment un musée, mais j’opterais pour le lieu historique national de la Drague-Numéro-Quatre de la ville de Dawson. Vestige de la période des ruées vers l’or, la visite d’une heure (uniquement en été) est très intéressante pour en apprendre davantage sur l’histoire du Yukon. Cet imposant « bateau » (et ses petits frères) permettait un rendement aurifère nécessaire à la survie économique de Dawson, et, du territoire dans son ensemble.

-Un bâtiment à l’architecture imposante :

J’ai beau passer en revue tous les bâtiments de la ville de Whitehorse, aucun ne correspond à cette catégorie pour moi. Alors à défaut, je dirai les « Kissing buildings » de Dawson, qui doivent leurs « effondrements » au mouvement du pergélisol.

-Une spécialité culinaire à tomber par terre et où la trouver :

J’aurais été tentée de parler des viandes sauvages mais je suis végétarienne… Alors je citerais le Moroccan Spiced Veggie Burger du restaurant Burnt Toast Café, à Whitehorse.

-Un lieu où festoyer comme les locaux :

Le 98 ou le Gold Rush, deux bars typiques, à Whitehorse ; en été, après 22 h 30, une fois les touristes américains couchés, le casino de Dawson.

-Un événement important (festival, fête nationale…) :

Le Yukon Sourdough Rendez-vous, une espèce de carnaval, organisé les deux dernières semaines de février depuis plus de 50 ans. On y retrouve des activités plus déjantées les unes que les autres telles que du lancer de tronçonneuses ou de haches, une course en canoë sur glace, des spectacles de french cancan, des sculptures sur blocs de neige, et j’en passe.

-Le meilleur spot pour photographier des animaux :

Au Yukon, on vit en communion avec la nature. La faune sauvage est partout, donnant à chaque sortie une occasion de prendre des photos. Mais, si on manque de temps, ou si on veut avoir un échantillon rapide des mammifères présents au territoire, la réserve faunique du Yukon est l’endroit où se rendre. Mis à part les ours, les loups et les carcajous, tout y est.

-La plus belle ville en dehors de Whitehorse :

Le village de Carcross, à 70 kilomètres au sud de Whitehorse. On y retrouve des petites cabanes colorées où artisans et restaurateurs se côtoient, ainsi que la plus belle « plage » du Yukon, sur les rives du lac Bennett.

-Une route pour un road trip panoramique :

J’hésite fortement entre la Dempster Highway et la South Klondike Highway… La première, on est au cœur des montages et on se sent minuscule tout en en prenant plein la vue ; la deuxième, on est entre montagnes et lacs, et c’est juste magnifique.

-Un truc insolite que tu as découvert là-bas :

Le chauffe-batterie électrique, utilisé en hiver, pour éviter que la batterie gèle, et ainsi faciliter le démarrage de sa voiture.

-Un artiste ou groupe de musique local à connaître :

Sophie Villeneuve, auteure-compositrice-interprète folk.

-Un film tourné là-bas :

Le Dernier Trappeur de Nicolas Vannier.

-Un livre ou bande-dessinée d’un auteur du cru :

« Yukonnaise » de Mylène Gilbert-Dumas. Bien que l’auteure soit québécoise, elle a passé plusieurs mois en immersion au Yukon pour en tirer un livre reflétant l’histoire de tant de personnes vivant aujourd’hui ici. De la même auteure, dans un esprit davantage historique : le roman « Lili Klondike », en 3 tomes, est à découvrir.

-Le sport que tu préfères dans ta nouvelle patrie :

Faire du traîneau à chiens (oui, oui, c’est sportif !) et patiner sur les lacs gelés.

-Un souvenir à ramener chez soi :

Un capteur de rêve, objet issu de la culture des Premières Nations du Canada.

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