INTERVIEW : Nicolas, expatrié à New York, en voyage d’affaires en Afrique du Sud

Aujourd’hui, je vous propose de rencontrer Nicolas, expatrié à New York depuis 2014, il est actuellement en séjour d’affaires en Afrique du Sud depuis 1 mois. Nous nous sommes rencontrés en 2007 lorsque nous faisions nos études dans la même école à La Rochelle. Il a très gentiment accepté de nous parler de son expatriation et surtout, de son séjour sur le continent Africain.

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Johannesburg

 

D’où viens-tu ?

Bonjour, je m’appelle Nicolas et je suis un Charentais de 28 ans. Je viens d’une petite ville du centre-Charente, Jarnac, entre Cognac et Angoulême, à 1h de La Rochelle.

Depuis quand vis-tu à New York ?

Je vis à New York, aux USA, depuis le 1er Juin 2014, entrecoupé d’une période de plusieurs mois. J’y reviens pour y vivre définitivement à partir d’Octobre.

 Cites-nous 3 raisons pour lesquelles tu as choisi de vivre là-bas :

En fait, cela est un peu arrivé par hasard. A la fin de notre master, nous devions effectuer un stage de 6 mois. J’avais depuis longtemps l’idée d’effectuer un stage de mon cursus universitaire en langue anglaise, pour améliorer cette dernière, mais sans jamais le faire jusqu’à présent.

Avant de continuer, je dois préciser que ma famille produit du cognac depuis 1853, ce qui est important pour la suite. Sans jamais avoir vraiment l’intention de le faire, j’ai eu l’opportunité de travailler en tant que VIE pour le compte de ma marque, aux USA. Je me suis vite rendu-compte que je l’avais dans le sang, et que j’étais fait pour ça. Représenter sa famille est quelque chose qui m’a rendu très fier. On ne vend pas tous les jours un produit qui porte son nom …

Depuis tout petit, nous sommes bercés par la culture américaine … Hollywood, Wald Disney, les Fastfoods, la Grosse Pomme, la Gold Coast, Las Vegas … On en entend tout le temps parler. Je suppose que cela m’a aussi permis de réaliser ce rêve américain que l’on a tous plus ou moins.

Donc pour résumé, je dirais :

  • Vivre le rêve américain.
  • Représenter ma famille, et aussi en quelques sortes, le luxe Français.
  • Améliorer mon anglais. Je peux dire aujourd’hui que je suis quasiment bilingue.

3 choses qui te manquent de chez toi :

  • Mes amis, qui ont un job en France et ne peuvent voyager
  • Ma famille bien sûre
  • Et cela va paraître stupide mais … mes chiens !
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Le Cap de Bonne Espérance

 

 Actuellement en voyage d’affaires depuis 1 mois en Afrique du Sud pour rencontrer tes clients à Paarl, tu as eu le temps de visiter le pays, peux-tu nous parler un peu de ce voyage ?

Effectivement, depuis 1 mois, je suis en Afrique du Sud, dans le but de rencontrer la nouvelle marque pour laquelle je vais travailler : KWV.

Le but étant de :

  • Apprendre de la marque, les différents produits qu’ils proposent,
  • Connaître le marché Sud-Africain. L’ADN de ce pays,
  • Effectuer des staff & trade trainings sur le Cognac.

Après 1 mois, je commence à avoir une petite image de ce pays, tout du moins dans les grandes lignes. Ne pouvant aller dans les détails, je vais essayer de généraliser. Il ne faut pas prendre ce que je vais dire au pied de la lettre. Je ne me suis jamais senti en « insécurité » tout au long de ce voyage.

Je dois dire que ce pays est plein de paradoxes.

Les paysages sont magnifiques : vallées, plaines, montagnes, collines … Il y’en a pour tous les goûts et tous les climats. Pendant que Cape Town (à l’ouest) est plutôt un climat tempéré comme on peut trouver en France, Johannesburg (à l’est) est chaud et sec. Il faut attendre la saison des pluies en été (qui correspond à notre hiver) pour avoir un peu de fraîcheur.

Niveau social et population, c’est un peu plus le bazar. Les sud-africains ont le cœur sur la main. Ils adorent faire des barbecues (des Brai – je ne connais l’orthographe exacte – se prononce « Braille »), et socialiser. Mais le taux de chômage élevé n’aide pas … plus de 26%. Alors avec nos 10,5% en France … Pour pallier au manque d’argent d’une certaine partie de la population, le gouvernement actuel, fortement contesté et corrompu, d’après ce que j’ai cru comprendre, a pris un arrêté obligeant les grosses entreprises a employé un certain % de la population défavorisé … vous avez compris laquelle.

On voit ici les restes de l’Apartheid, qui est « officiellement » terminé, mais officieusement … Du coup, la population blanche s’estime victime d’une sorte d’Apartheid Inversé (jamais cela ne sera dit officiellement, mais quand les langues se délient …). En gros, vous avez moins de chance d’être aidé par le gouvernement (pension, maison, job, …) si vous êtes un homme blanc que si vous êtes une femme noire. C’est triste à constater … mais cela ne suffit pas, et une partie de cette population défavorisée, qui n’a jamais reçu d’éducation, à cause de l’Apartheid (qui signifie « Ségrégation »), est ainsi contraint à la mendicité, et dans de nombreux cas, au vol, à l’attaque, voir même au meurtre. L’on m’a très fortement déconseillé d’aller dans certains « townships » au risque tout simplement de me faire agresser, voir tué.

Je généralise bien sûr. J’ai adoré ce mois passé ici, mais il faut être conscient de la réalité politique et économique. Cela se voit partout : Petit boulot des rues, maison sécurisé avec mur de 2m de haut surmonté d’un grillage électrifié – Officiellement pour empêcher les singes (il y a beaucoup de Babouins en Afrique du Sud – beaucoup plus vers Johannesburg que Cape Town) de voler dans les maisons. Il y a officieusement une deuxième raison… vous avez deviné aussi.

Economiquement, il est très avantageux pour un Européen/Américain de venir ici. Le taux de change Euro vers Rand, ainsi que le cout de la vie, y sont largement en notre faveur. C’est un peu plus délicat pour les locaux où il n’y a pas vraiment de SMIC et où le salaire moyen n’est pas très élevé.

Je ne voudrais pas qu’un Sud-Africain qui lise ceci se sente offenser, j’ai vraiment adoré son pays, vivre au contact des locaux, les paysages, la culture africaine riche. Je suppose que chaque pays à ses propres problèmes, ils sont simplement plus accentués ici selon moi.

Voilà les effets du racisme … à méditer pour notre propre peuple, et éviter de faire ces erreurs !

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Table Mountain vue de Cape Town

 

 Pour les futurs voyageurs, 3 lieux à visiter :

Et bien malheureusement, je n’ai pas beaucoup joué au touriste. J’ai passé la majeure partie de mon temps à travailler. Beaucoup sur la route certes, mais surtout pour aller voir les différents marchés de mon industrie. Mais je peux quand même répondre ceci :

  • Le Cap de Bonne Espérance, qui est le point le plus au Sud-Ouest d’Afrique. Le point le plus au sud étant Cap Agulhas. « Cape of Good Hope » est l’endroit où se rencontre les deux océans, indien & Atlantique. Il est au sud de la province de « Western Cape » à quelques kilomètres de la ville de Cape Town.
  • Un des nombreux parcs que vous pouvez y trouver. Je conseille cependant un parc naturel tel le Parc National Kruger, au Nord-Est du pays. Ce parc est assez grand pour être dépourvu de barrière entre les différents animaux … Les lions chassent les autres animaux par exemple, au contraire de parcs Privés ou les lions sont séparés des herbivores pour éviter tout accident. Je n’ai pu faire malheureusement que ce type de parc.
  • Robben Island, au large de Cape Town, classée à l’UNESCO et où l’ancien président Sud-Africain fut enfermé pendant 27ans.

 3 lieux où manger :

  • Une « tavern » dans les Townships.
  • Une « Wine farm ». Les sud-africains sont très fier de leur vin. Ils ne boivent d’ailleurs pas de vin étrangers (un peu comme les Français ^^)
  • Escondido, à Johannesburg – un restaurant de Tapas (dans sa vrai définition) & Vin (le gérant décrit son énorme collection de vin 1 par 1 sur son menu). Le lieu est tout ce qu’il y a de plus ordinaire, mais la gastronomie proposée y est au top.

 3 spécialités culinaires :

  • Les viandes façon « steak » d’animaux du pays – Kudu, Crocodile, Springbok, Kangourou …
  • De la viande séchée qui ressemble un peu à du saucisson – j’ai oublié le nom.
  • De l’Oxtail, une sorte de Bourguignon à la queue de Bœuf.
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Laborie Wine Farm et sa vue sur la ville de Paarl

 

 3 lieux où sortir :

  • Montecasino, à Johannesburg. Le plus gros casino d’Afrique
  • N’importe quel bar proposant le spécial « Brandy & Coke », alternatif à notre « Whisky Coca ». Ultra populaire en Afrique du Sud.
  • Standton, quartier huppé de Johannesburg (Le plus luxueux de toute l’Afrique selon les locaux).

 3 choses insolites :

  • Les feux laissés sans surveillance – Quand y’a pas de tondeuse, c’est pratique !
  • L’Afrique du Sud dispose d’un Pays au sein de son propre pays, le Lesotho – Le roi y a une vingtaine de femmes différentes. Et oui, même en Afrique du Sud, la polygamie n’est pas interdite
  • Le pays compte 11 langues officielles, mais parlant Anglais, vous vous ferez comprendre presque n’importe où.

 3 objets à emmener pour son séjour ici :

  • Un appareil photo, pour des souvenirs mémorables des safaris
  • Une go-pro, pour une vidéo sous l’eau en faisant du « shark diving ». frisson garanti !
  • Des vêtements légers avec une bonne paire de chaussures de marche
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Hout Bay

 

 3 souvenirs à ramener chez soi :

  • De l’or brut, provenant d’une des nombreuses mines d’or que l’on retrouve sur l’ensemble du pays
  • Un Diamant (et non « de sang », qui n’existe pas en Afrique du sud)
  • Un vin local

 Ton meilleur souvenir ici :

  • La population, qui malgré tout, a le cœur sur la main !

 Le pire :

  • Définitivement les murs de 2m de haut surmontés de grillage électrifié que l’on peut voir un peu partout dans les villes.
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Vue de Simon’s Town sur False Bay
Textes: Charlotte & Nicolas / Photos: ©Nicolas